Je reprends ma vie avec une prothèse du genou

Je reprends ma vie avec une prothèse du genou

Que faire en cas de prothèse des genoux ? Découvrez le témoignage qui va vous redonner de l'espoir !

Qu'est-ce qu'une prothèse de genou ?

Une prothèse du genou est un genou artificiel. Elle remplace une partie de l'articulation trop atteinte, en général par l'arthrose.

Quand l'articulation entière est remplacée, on appelle l'acte chirurgical : l'arthroplastie.

Une PTG (Prothèse Totale du Genou) est à différencier d'une PPG (Prothèse Partielle du Genou). La PPG est de moins en moins utilisée car jugée moins efficace que la PTG.

Les prothèses sont indiquées quand la gonarthrose en est à un stade terminal, c'est-à-dire :

  • qu'elle a endommagé une grande partie des genoux.
  • que la douleur n'est plus efficacement soulagée par les antalgiques et infiltrations.

Elles ont pour objectif de retrouver une vie normale sans douleurs.

L'arthroplastie est une opération chirurgicale souvent associée aux personnes âgées. Toutefois, des patients de plus en plus jeunes, notamment chez ceux qui pratiquent beaucoup de sports, portent une prothèse du genou partielle ou totale.

Il est toujours préférable de trouver une solution douce aux maux du genou, plutôt que d'opter pour une chirurgie. L'implant articulaire est la solution du dernier recours, lorsque :

  • Les symptômes persistent.
  • La douleur est insupportable.
  • Tous les moyens non opératoires sont épuisés.
  • L'opération chirurgicale donne l'espoir d'une amélioration de la qualité de vie.

Chirurgien

Comment se déroule l'arthroplastie ?

Des infiltrations sont souvent réalisées en amont de l'intervention (acide hyaluronique, cortisone) pour soulager la douleur.

La réalisation d'exercices spécifiques avant la chirurgie, sous l'œil bienveillant d'un kinésithérapeute, démontre une amélioration de la récupération post-opératoire chez certains patients.[1]

Les matières utilisées pour les prothèses sont les suivantes :

  • céramique.
  • polyéthylène.
  • métal.

L'opération est assez lourde, et dure quelques heures. Elle nécessite une anesthésie.

La prothèse du genou est enduite d'une couche de minéraux, qui favorise la croissance osseuse et solidifie l'articulation.

Suite à l'intervention, le chirurgien orthopédiste prescrit jusqu'à 1 semaine de repos à l'hôpital. Cependant la chirurgie ambulatoire, qui est en plein essor, permet un retour au domicile le jour-même.

Comment récupérer après la chirurgie ?

Des séances de rééducation sont nécessaires après l'opération.

Le kinésithérapeute vous accompagne pour aider à récupérer la mobilité de la jambe.

Les agrafes sont extraites du genou au bout de 2 ou 3 semaines, temps après lequel vous pouvez remarcher sans aide.

La cicatrisation de la plaie opératoire prend de 1 à 2 mois.

Peu à peu, la douleur articulaire s'estompe.

Il faudra compter plusieurs mois avant la reprise du travail, surtout s'il s'agit d'une profession physique.

Cicatrice genou

En parallèle à la rééducation, des rendez-vous fréquents de contrôle sont pris avec le médecin, au moins pendant 1 an.

Les sports qui sollicitent peu les genoux sont encouragés, pour :

  • remuscler progressivement les jambes.
  • retrouver la pleine mobilité en flexion et extension.

La natation par exemple, est recommandée pour tonifier la jambe sans mettre le genou en situation d'effort.

Des checks-up annuels sont ensuite conseillés pour évaluer la bonne tenue de la prothèse.

Les inconvénients d'une prothèse

Comme dit plus haut, l'acte chirurgical pour la pose d'une prothèse du genou est une opération lourde.

L'opération qu'est l'arthroplastie oblige les patients à un certain style de vie handicapant les premiers mois.

La rééducation lente et quotidienne est indispensable à la bonne récupération, et nécessite des efforts conséquents.

Un autre désavantage de l'arthroplastie est que les prothèses s'usent dans le temps.

En moyenne, une prothèse dure de 15 à 20 ans. Cependant chaque personne est unique dans sa sollicitation du genou : profil sportif, style de vie sédentaire, etc.

Les sports à fort impact sur le genou restent déconseillés, ou alors avec modération :

  • sports de raquette.
  • sports collectifs.
  • sports d'hiver.
  • arts martiaux.
  • course à pied.

Les bienfaits d'une prothèse du genou

Dans la majorité des cas, la pose d'une prothèse permet de réduire significativement les douleurs.

En effet, la PTG améliore la qualité de vie, car elle rend toute la mobilité de la jambe et du genou.

La vitesse de récupération est variable. Elle dépend principalement de :

  • l'âge.
  • la santé générale.
  • la force du genou avant l'opération.
  • le poids.
  • le bon suivi des conseils de l'équipe soignante (prise de médicaments, exercices physiques, repos).

Dans le milieu médical, l'arthroplastie totale du genou est considérée comme l'une des interventions chirurgicales les plus efficaces en orthopédie.[2]

Le ressenti post-opératoire est généralement positif. Les patients se trouvaient en détresse physique et psychologique avant l'opération. Ils ont l'impression de revivre.

Il reste rare de subir des complications après des arthroplasties.

PTG

Le témoignage encourageant d'Annick

Les genoux sont importants !

Mais cela, nous n'en prenons conscience que bien plus tard, particulièrement quand nous sommes sportifs, et qu'ils nous semblent faire partie de notre belle mécanique humaine.

Je pense que la machine s'est enrayée au cours d'un trekking en 2013. Il y avait beaucoup de dénivelé, et une douleur apparaissait au côté droit du genou, particulièrement pendant la descente.

2014 : Toujours très en forme, je pars pour une belle traversée avec sac à dos, pas plus de 7 kilogrammes, bâtons de marche, 1500 km en 70 jours.

2015 : Randonnée au Mont Viso avec de belles et longues descentes caillouteuses, c'est là qu'ont débuté les descentes difficiles, j'ai compris que mes genoux étaient fatigués.

2016 : Je dois me servir de plus en plus de mes bâtons à la descente, mon genou gonfle. Je consulte un rhumatologue avec radio et IRM.

Ce monsieur prend mes radios, m'ausculte et dit : "Ah oui ! Que faites-vous comme sport ?"

J’énumère mes activités et là, je réalise tout ce que je fais. Ce n'est pas bon.

S'ensuit une première infiltration de cortisone pour stopper l’inflammation puis, 1 semaine plus tard, première injection d'acide hyaluronique. Les douleurs disparaissent.

Puis une seconde injection, et une troisième

2017 : Tout se dégrade, une nouvelle radio : le fémur touchait le tibia, c'était foutu, plus de cartilage du tout.

Nouveau RDV chez le rhumato qui m'annonce : prothèse du genou totale.

Ma seule question : combien de temps dure l’opération ? Je suis très anxieuse pour la suite.

Rendez-vous chez le chirurgien. Il n'a même pas regardé mes radiographies, il a regardé mon genou et il a dit : PTG.

Fin juin : direction la salle d’opération, après avoir fait tous les examens nécessaires en urgence.

J+1 : Réveil un peu comateux, pas vraiment de douleur. Le genou dans une gouttière, je ne vois pas mon genou.

Le jour même, première séance de Kinetec, un engin de torture (mobilisation passive) qui vous oblige à plier la jambe, alors que le genou lui ne veut pas. Là, franchement ce n'est pas simple car on doit atteindre 70°.

J+3 : Direction un centre de rééducation, je commence de suite les mouvements matin et soir, plus des massages. On doit plier le plus tôt possible pour éviter les adhérences.

Rééducation jambe

J+7 : Je commence à quitter le fauteuil pour des béquilles, marcher droit, plier, plier et encore plier.

Après chaque séance, le passage à la cryothérapie n'est pas obligatoire, mais cela soulage la douleur.

J+10 : Commence la montée et la descente des escaliers, dès le début j'ai eu du mal.

Je pouvais plier, tendre, laisser les béquilles. Mais j 'ai toujours eu mal à la descente des escaliers et encore aujourd'hui, 4 ans plus tard !

J+ 15 : Je suis considérée comme une extra-terrestre, c 'est-à-dire quelqu'un qui récupère vite : je peux sortir. Ouf !

Toutefois mon genou a ces fameuses adhérences, qu'il faut casser. Une douleur dont je me souviens encore !

J+ 17 : Kiné à domicile, j'y vais à pied, histoire de ne rien lâcher !

Mais rien ne vaut la rééducation dans un centre.

J+21 : On enlève enfin ces agrafes. Totalement indolore, je me suis fait moi-même les piqûres dans le ventre (anti-phlébite).

Ensuite la routine, du vélo d'appartement, le kiné, de la marche tranquille, du repos.

La patience joue beaucoup, elle est primordiale.

J+30 : Je reconduis avec un peu de crainte, mais ça passe !

Tout va pour le mieux, je remuscle petit à petit.

6 mois plus tard, je peux repartir en voyage. Mais au cours de l'année suivante, le genou gauche se met à enfler

2018 : Rendez-vous chez le chirurgien orthopédique de nouveau : pose de la deuxième PTG sur l'autre genou.

J+15 : Ce n'est pas bon , il y a ces fameuses adhérences qui ont fini par lâcher en rétro pédalant, dans une affreuse douleur d'un 1/10 de seconde, MAIS ensuite ce fut parfait ou presque !

Si ce n 'est toujours cette gêne à la descente des escaliers.

Après mes 3 semaines au centre, je reprends la routine de la rééducation, de la musculation, de la patience

Radio genou

2019 : L'année du bilan : j 'ai 2 super genoux bioniques, mais fini le footing, les treks en montagne, le ski, le VTT, le kayak

Moral vraiment très bas, un tas de questions.

Pourquoi  moi ? C'est alors qu'un terrain génétique se révèle dans ma famille, eux ne pratiquaient pas le sport autant que moi, c'est pourquoi je n'en n'avais pas entendu parler avant.

Mais je m'obstine, je reprends des séances de kiné afin de remuscler ces pauvres quadriceps tous mous !

2020 : Je me mets au yoga (toutes les positions ne sont pas simples) je fais attention, j'essaie d’écouter mes genoux.

Je reprends le VTT électrique, je reprends aussi le kayak mais sans forcer ! En ayant en tête de ne surtout pas tomber.

Je reprends mes balades avec un peu de dénivelé, sans trop forcer.

Si douleur il y a, un peu de CRIOARGIL (on le garde 3 heures entouré de cellophane) et ça passe.

A partir de ce moment, je cherche des personnes, sur internet ou dans mes connaissances, qui seraient dans mon cas : 65 ans, anciens sportifs qui auraient 2 PTG ou une seule.

En fait sur internet , j'ai vu de tout et beaucoup d'inepties.

Par exemple : « Le lendemain je montais les escaliers, je les descendais en courant.» J'ai cherché à les contacter et là, silence, en fait ce n’était que de la pub.

La seule personne que j'ai réussi à contacter, est un ancien guide de haute montagne, qui a reçu 2 PTG le même jour.

Il avait à peu près la même problématique que moi, lui avait repris le ski !

J 'ai mis 3 ans, suite à la seconde intervention pour retrouver, non les muscles que j 'avais auparavant, mais suffisamment pour envisager toutes les activités sportives que je souhaitais.

3 ans de lutte, de patience dirais-je pour être de nouveau en forme. 3 ans de lutte pour que ces genoux métalliques fassent partie de mon corps.

Femme marche neige

Félicitations Annick ! 🌞

Pour ce qui de la vie courante, il n 'y a aucune gêne, si ce n'est que si vous restez trop longtemps les jambes tendues ou pliées, vous le ressentez en vous relevant ! Même si cela est plus une légère gêne qu'une douleur.

Je dois mentionner que je ne prends aucun anti-inflammatoire ou anti-douleur mais pas mal de suppléments alimentaires, certains me sont indispensables (ce qui fortifie les os).

Dès que je pratique une activité physique plus intense, je porte des genouillères.

J 'ai aussi remarqué que plus on sollicite les genoux, sans excès, mieux c'est !

Les 2 opérations sont une réussite surtout quand je pense aux difficultés, douleurs que j'avais avant ces interventions.

Quand on a de l'arthrose, soit on s'en préoccupe en amont, soit on court direct à la chirurgie !

C'est à chacun de comprendre son corps, d’intégrer ses nouveaux genoux, de savoir ce que l'on peut faire ou pas.

En fait, on peut tout reprendre. J'ai ajouté le longe-côte à mes activités, une fois par semaine toute l'année et ça, c est top !
Toutefois, je ne recommande pas :
  • le ski.
  • la course à pied.
  • les randonnées avec de gros dénivelés, et pas plus de 20 kilomètres.

Pour conclure je dirais que si on a mal, si on ne peut plus marcher sans douleurs, sans prendre des antidouleurs ou anti inflammatoires, le passage à une chirurgie est recommandé et bénéfique.

Et surtout :

De la patience, de l'obstination, du renforcement musculaire, une perte de poids, être à l'écoute du corps.

Nous remercions Annick pour son magnifique témoignage ! 💖

[1] Brown K, Topp R, Brosky JA, Lajoie AS. Préhabilitation et qualité de vie 3 mois après une arthroplastie totale du genou : une étude pilote.

[2] Varacallo M, Luo TD, Johanson NA. Total Knee Arthroplasty Techniques https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK499896/

Cet article a été relu par le médecin-conseil de Knees, Jean-Philippe.

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